Alerte « site trompeur » Chrome : ce qu'elle signifie vraiment
« Site trompeur » dans Chrome n'est pas un certificat expiré, ni un PageRank qui baisse. Chrome a trouvé — ou un tiers a signalé — de l'hameçonnage, une redirection dangereuse ou un téléchargement. Le cadenas peut rester vert. Voici ce que le libellé recouvre, et ce qu'il ne recouvre pas.
Chrome a trouvé ou un tiers a signalé de l'hameçonnage, une redirection dangereuse ou un téléchargement. Ce n'est pas un certificat expiré.
Le mot « trompeur » côté Google
Dans Safe Browsing, « deceptive » vise surtout l'hameçonnage et l'ingénierie sociale : une page qui se fait passer pour une autre (banque, impôts, login), ou qui pousse une action dangereuse. Ce n'est pas « votre discours marketing est exagéré ». Voir Chrome affiche pour le vécu visiteur.
Google affine les libellés selon les années (`site trompeur`, `page trompeuse`, `dangereux`). Capturez le texte : il oriente phishing vs malware (téléchargement).
Un site d'info légitime peut être classé si un sous-chemin héberge un kit. Le mot s'applique à l'hôte vu par l'utilisateur, pas à votre intention éditoriale. Dites-le à la rédaction : « nous n'avons rien trompé » est vrai sur le métier, faux sur ce que Chrome a fetche. Le visiteur, lui, n'a que l'écran rouge. La nuance se règle en 410 et en réexamen, pas en communiqué sémantique.
Ce que ce n'est pas (certificat, SEO, Ads)
Certificat expiré / nom mismatch : interstitiel technique différent, souvent « votre connexion n'est pas privée ». Renouveler Let’s Encrypt ne lève pas « trompeur ». Voir certificat et alerte pour ne pas les confondre.
Chute de positions, action manuelle spam, « site peu fiable » dans un résultat texte : pas cet écran plein page. Autres rapports GSC.
Compte Ads suspendu : file voisine, parfois liée. L'écran Chrome peut exister sans Ads, et inversement.
- Pas un problème de cadenas seul.
- Pas une pénalité SEO classique.
- Pas un avis Google Business.
Hameçonnage, ingénierie sociale, malware
Hameçonnage : fausse banque, faux impôts, faux colis. Pages. Ingénierie sociale : « votre PC est infecté, appelez », scareware. Malware : un fichier ou un JS qui drop. Le nettoyage change (410 d'un HTML vs retrait d'un binaire). L'écran, lui, peut dire « trompeur » dans les deux premiers cas.
Une redirection vers un de ces contenus : Chrome peut classer votre domaine même si le HTML final n'est pas chez vous. Tuez la redirect. site qui redirige.
Le spam SEO japonais, seul, n'allume pas toujours cet écran. S'il l'allume, c'est qu'il y a eu plus (redir, kit). Ne diagnostiquez pas SB par les titres `site:` seuls. Inversement, un écran « trompeur » sans aucun title asiatique : cherchez une page login, une redirect, un scareware, pas un générateur SEO. Deux familles, deux chasses. Mélanger les articles du site, c'est perdre une après-midi.
Qui a signalé : Googlebot ou un humain
Les crawlers Safe Browsing visitent. Les utilisateurs cliquent « signaler ». Les partenaires (navigateurs, vendors) partagent. Vous n'aurez pas le nom du plaignant. Inutile de « trouver le concurrent ». Google refetch.
Un signalement sans kit : ça se lève après fetch propre. Un signalement avec kit : ça reste jusqu'au 404.
Les volumes de hits sur un path de kit dans les logs : souvent plus parlant que la théorie du concurrent.
L'écran rouge n'est pas une action manuelle
GSC → Actions manuelles : un reviewer spam / cloaking SEO. SB : système + listes. On peut avoir les deux. On les lève séparément. Voir action manuelle.
Mélanger les textes de demande (copier un recours action manuelle dans SB) : inefficace. Chaque file a sa phrase.
Un site peut être « trompeur » sans action manuelle. Le trafic Chrome meurt quand même.
Pourquoi le cadenas est encore vert
HTTPS dit : le canal est chiffré jusqu'à votre serveur (ou votre CDN). Ça ne dit pas que le HTML est honnête. L'attaquant adore le cadenas : ça rassure la victime. Expliquez-le à votre boss qui veut « refaire le certificat ».
HSTS, préload : encore autre chose. Ça n'interagit pas avec SB.
Un mixed content n'est pas « trompeur ». C'est une console jaune. Ne les fusionnez pas dans le ticket.
Ce que vos CGU et mentions ne changent pas
Une page mentions à jour, un bandeau cookies, un « site officiel » dans le footer : ignorés par SB. Le fetch du kit décide.
Mettre « toute ressemblance… » sur le kit : absurde. 410 le kit.
Un communiqué de presse ne lève pas la liste. Le réexamen, si.
Traductions : deceptive, dangerous, unsafe
Chrome FR / EN / le téléphone du client. Notez la langue de l'écran. `Dangerous` penche parfois malware. `Deceptive` penche phishing. Ce n'est pas une science exacte ; ça oriente la chasse d'URL.
Edge / Firefox : autres phrases, autres listes. Firefox Edge.
Ne traduisez pas « trompeur » par « nous sommes des arnaqueurs » dans un mail clients. Dites : le navigateur a détecté une page frauduleuse hébergée pendant l'incident, elle est hors ligne, l'alerte va tomber. Ajoutez la fourchette 24 à 72 h après réexamen, et que certains téléphones resteront rouges un jour de plus. Sans ça, le support recoit « vous aviez dit que c'était fini » dès le lendemain matin.
Quoi faire une fois le mot compris
Chasser le 200 dangereux, fermer la porte, réexamen. Délai 24-72 h. lever SB. Pas un débat sémantique de plus.
Si vraiment aucun kit, aucune redir, aucun binaire : fetch anonyme, sous-domaines, historiques. Le mot a une cause ; elle est parfois `old.`.
Vous pouvez déclarer. La capture de l'écran (libellé exact) + l'URL, c'est le bon début.
- Classer : phishing / malware / redir.
- Pas certificat, pas SEO seul.
- Fetch, 410, réexamen.
- Horloge SB ≠ horloge index.